dimanche 31 janvier 2021

J’irai cracher sur votre tombe Virginie Grimaldi (pour de faux!)

 « J’irai cracher sur la tombe de Virginie Grimaldi »


Hier je me suis fait censurer puis exclure d’un groupe littéraire fort couru : 


« La fureur de lire » c’est plus de 14000 inscrits et jusqu’à 300 posts par jour. Une mine ! 


Mon crime ? Avoir écorné la réputation d’une des auteurs chouchous du lieu, la spécialiste du best seller Chichiteux que même ta grand-mère trouve gnangnan : Virginie Grimaldi.


Notez que je n’ai rien contre Virginie Grimaldi. Mais que je n’ai rien pour non plus. Je n’exclue pas un jour de la lire. Par exemple en cas de fin du monde quand, bloqué au fond d’une cave humide je n’aurais plus que « il est grand temps de rallumer les étoiles » sous la main. Et que j’aurais suffisamment de stock de PQ pour ne pas succomber à la tentation de sacrifier quelques pages du roman sur l’autel de l’hygiène de mon fondement. 


Non je n’ai rien contre Virginie Grimaldi : 


Je n’ai rien contre les hortensias nains et ne nourris aucune animosité contre ces mollusques visqueux et placides qu’on appelle « les concombres de mer » mais qui ressemblent en réalité, toute pudeur mise à part, à de gros étrons.


Autant dire que je n’ai vraiment  rien non plus contre Mme Grimaldi ni contre le censeur anonyme (et vraisemblablement petainiste priapique) qui m’a lourdé du groupe sans un mot ni un réquiem. 


Mon post avait eu le malheur d’être populaire. 400 like et une avalange de commentaires criant au génie drolatique. Je voyais déjà des lectrices émues me réclamant mon adresse postale pour m’envoyer leurs derniers manuscrits. Des histoires de femmes de province sentimentales cherchant l’amour outre Quievrain avec un farceur chauve et poilu. Les sous-vêtements usagés auraient suivi par Chronopost. Car il faut bien donner un parfum à la romance épistolaire. 


J’ai donc été censuré. Finies les correspondances amoureuses prometteuses. Finis les chronopost sentant la rose. 


Ce matin je suis entré dans la légende des grands crucifiés de la littérature, entre Boris Vian et son « j’irai cracher sur vos tombes » et Baudelaire et sa condamnation pour outrage aux bonnes mœurs pour les poèmes licencieux des Fleurs du mal. 


Crucifié, vilipendé, à demi-humilié par ce concombre de mer de Grimaldi, ma plume vigoureuse et acide bande encore.


Tremblez furieux de la littérature vous êtes tombés sur plus jobards que vous !


PS : au coin du feu je vous livre la réponse de la modératrice qui est arrivée avec beaucoup  de retard alors que sur le forum des lecteurs une petite fronde a lieu pour dénoncer mon exclusion



vendredi 29 janvier 2021

La nature me manque - ou la biche le scout et Emile Louis

 « La nature me manque »


Ce matin je discutais l’air de pas y toucher avec un ami gothique qui vit en pologne (un de ceux qui monte la nuit sur son toit pour observer le vol noir des corbeaux en hurlant à la lune...). Et soudain je lui lâche comme ça « Michael, la nature me manque ». C’est sorti de ma bouche aussi vite Qu’un postillon covidé. J’ai regardé autour de moi, cet intérieur bourgeois confortable, cette cheminée hors de prix où l’on cuit des brochettes de marcassin en pensant aux végans en train de croquer un radis, ma bibliothèque pleine de livres dont l’intégrale de Marc Lévy reliée en cuir de biche...et le pied de lampe avec lequel  j’assomme mes enfants quand ils ramènent des mauvaises notes de l’école. J’ai regardé tout cela et je me suis dit « oui la nature me manque c’est sûr ! »


 Ah l’odeur de la bouse de vache au petit matin ! Je suis sûr que vous aussi vous vous êtes surpris deja, la narine frémissante, à penser, en toute mauvaise  Conscience, que ça sent bon la merde...


Ah le crapaud sec en parchemin écrasé sur le bitume ! Que vous jetez sur votre épouse goguenard parce que vous êtes un fripon et qu’il faut bien lui faire aimer la nature à son tour ! 


Ah la carcasse de mouton mort qui donne la nausée et qu’on sent à six lieux de là... Mais qui va vous permettre de retrouver votre chemin « à la narine » quand vous vous serez égarés dans les bois...


ahh les chasseurs cretins qui veulent te tirer dessus parce qu’à 85 ans tu vois, un Boris et une biche c’est voisin... 


Ah  les scouts perdus qui errent dénutris dans les taillis épais où ces cons ont voulu construire une cabane en bois dans le brouillard ... Et  Émile Louis en ballade avec un grand sac et une pelle..et le groupe de scout qui crie que Jojo il a disparu depuis ce moment où on a croisé le grand monsieur avec une pelle...


Oui j’aime la nature 


Mais vous voyez c’est un amour immodéré fait d’un festival de boue gluante (celle qui passe pas à la machine et qu’il faut gratter avec les ongles pour l’enlever. Et vous avez déjà vu un ongle à vif saigner vous ??), d’une bonne rasade d’herbe urticante (la démangeaison part de la cheville et remonte si haut que je dois censurer mon propos car il y a des gratouilles indicibles), et d’une bonne engueulade en famille quand vos deux enfants finissent sur votre dos à la fin parce que vous n’avez pas tourné au bon endroit quand vous avez croisé le tumulus avec le monsieur à la pelle en train de tamiser son vraisemblable château de sable.


Oui j’aime la nature.


Mais bien sûr la Covid est le synonyme de privation. Et puis parfois je me sens calviniste : je vois comment je pourrais me faire du bien en copulant avec la nature dans un lyrisme sans borne, nu, poilu, hirsute enfin, les pieds dans un marécage à sec....celui de la photo par exemple. 


je vois comment je pourrais me faire du bien donc et je renonce. Calviniste même pas en Calvin Klein.


Jogging charentaise je reste chez moi. J’aime la nature mais de loin


lundi 25 janvier 2021

Voir tes jambes et mourir

 « Voir tes jambes et mourir »


L’homme qui aimait les femmes c’était Truffaut lui-même. Dont on se demande parfois s’il n’a pas fait du cinéma pour dire à l’infini sa passion des femmes, lui qui aima ses actrices fétiches sans modération, orienté par son désir, lui même boussole de sa créativité.


Ce cinéroman n’est plus édité. J’ai dû le trouver via les sites de vente à distance. Le livre parle de cet homme, un ingénieur en aéronautique solitaire et sensuel, Bertrand Morane, qui multiplie les conquêtes et écrit un roman confession pour tenter de comprendre son amour des femmes. 


Geneviève, l’éditrice qui va tomber amoureuse de lui à son tour, parle du roman écrit par Bertrand Morane comme d’un livre d’histoire sur les relations hommes femmes au 20eme siècle et non comme le roman d’un Don Juan. 


Elle annonce d’ailleurs des relations plus égalitaires pour le futur, comme si Truffaut devinait que le temps des amoureux multiples était terminé, que l’émancipation des femmes était inexorable que les Casanova seraient bientôt cloués au pilori. 


Le livre et le film sont touchants, un parfum de vestige du cinéma du passé (aimera-T-on Truffaut dans cinquante ans?), avec la tendresse d’un réalisateur dont l’œuvre est autobiographique et composée de remémorations, avec aussi sa douce cruauté, vis à vis des femmes et surtout de lui même. 


Morane est un être égaré dans sa quête. Il découvre que la femme qu’il a le plus aimé est absente de son livre. Alors qu’elle est la clé de son obsession séductrice. Face à la douleur de la rupture son esprit a escamoté ce grand amour. 


Le livre, le film c’est la sensualité féminine portée au nue et sublimée. 


On se rappelle de l’ode aux jambes des femmes, ces « compas qui arpentent le globe en tout sens» ces jambes de femmes qui perdent un Morane fétichiste qui finit par choir de son lit d’hôpital pour tenter de mieux apercevoir celles de l’infirmière de garde à son chevet d’accidenté. 


Chercher la femme, voir les jambes, trouver la mort.


lundi 18 janvier 2021

Bacri est mort et Le Pen s’est marié

 « Le Pen s’est marié et Bacri est mort »


S’il fallait résumer l’absurdité du monde, voilà la triste vérité du jour pour l’incarner. 


Bacri c’était la moitié de Jaoui mais pas la moitié d’un con. 


Dialoguiste, scénariste, comédien et réalisateur : autant dire que sa vie c’était le cinéma et qu’il en faisait pas tout un plat : car le monsieur était de gauche.


On a dit qu’il incarnait les râleurs. Incarner la gauche et pousser un râle quoi de plus normal ? La triste réalité donne souvent envie de grogner. Ou de mourir certains jours. 


 Bacri c’est un mec qui faisait du Bourdieu dans « le goût des autres », qui racontait la Banlieue l’air de pas y toucher dans « un air de famille ». Les films de gauche sont bons quand il te raconte l’histoire sociale de ce pays sans que tu aies l’impression de potasser un manuel de sociologie.


Et puis Bacri il me plaisait car être chauve l’a jamais empêché de choper...Des ulcères...lui qu’on sentait inquiet avec son œil noir et sa barbe drue qui devait picoter les amatrices de baisers sur les joues.


Je me demande si la camarde lui a fait un dernier baiser sur sa joue piquante en s’écorchant ses lèvres décharnées au passage. Ce serait bien fait. Il méritait un baiser d’au revoir. Car on avait le goût de lui sans chercher celui des autres.