dimanche 4 avril 2021

À Pâques la célébration du désir et de la création tu imagineras

 « A Pâques la célébration du désir et de la création  tu imagineras »


Je suis heureux de vivre dans un monde créatif où existent Naomie Watts dans Mulholland Drive et Edouard Louis le Chti’ de Picardie. Le fantasme ou la réalité ? Les deux votre honneur. Aimer la culture c’est ne pas avoir à choisir entre ces narrations que tout semble opposer. 


David Lynch parle dans chacun de ses films d’un monde qui n’existe pas. Ou plus précisément d’un monde qui n’existe que dans nos rêves. Hollywood en est la représentation la plus éclatante. Cinéma miroir de nous-même. Un monde avec ses symboles et sa propre grammaire. Des clés qui ouvrent des boites magiques, des nains fantasques, un couple de starlettes lesbiennes correspondant à tous les clichés hétérosexuels, des monstres tapis dans l’ombre, des figures maternelles perverses, de la bizarrerie à tous les étages... la caméra de Lynch célèbre Éros et Thanatos dans le cabinet de psychanalyse d’une salle obscure. 


Le monde d’Edouard Louis semble exister davantage comme dans une enquête de terrain sociologique. Il est le fruit d’une dissection. Le stylo de l’écrivain devient scalpel. La domination sociale est écrasante, s’en libérer est le fruit d’un combat ou d’un geste créatif puissant. Le jeune gay issu d’un milieu ouvrier violent trouve dans les mots une planche de salut, s’équipe d’un Arsenal théorique et littéraire (Didier Eribon et Annie Ernaux) et renverse l’ordre des dominations. Dans « Histoire de la violence » il dit un viol qui n’a pas été jugé comme tel par la Justice. Il impose donc sa réalité contre la réalité judiciaire. Comme si le dominé devenait dominant à son tour.


Edouard Louis parle de convergence des luttes entre les gays et les femmes dans son dernier livre (que je n’ai pas encore lu mais dont parle la presse abondamment) participant d’un nouvel avatar d’intersectionnalité. Ça fatigue un peu présenté comme cela. Edouard Louis je l’aime mais il me fatigue aussi. 


Lynch lui s’enferme visiblement dans une approche de plus en plus meditative et allumée du monde. 

David Lynch je l’aime mais il me fatigue parce que ses films parfois c’est quand même n’importe quoi. 


Il faut pardonner aux créateurs qu’on aime. 


La vraie convergence des luttes c’est celle qui fait exister la culture et ses expressions contre toutes les contraintes sociales ou personnelles. Voir les seins dressés de Naomie Watts et imaginer le stylo dressé sur la page blanche d’Edouard Louis.


À Pâques la ressurection du désir et de la création tu imagineras.



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